Le 18/09/2008

Nouvelles perspectives agricoles et écologiques de la méthanisation en Bretagne

algue verte

Jusque-là, les projets de méthanisation ont toujours été guidés par la production de biogaz ou par le problème du recyclage de déchets verts. En Bretagne, la société Olmix propose une nouvelle perspective en construisant une usine de méthanisation pour commercialiser des engrais et fongicides issus du digestat, tout en valorisant les déchets verts de son activité et de celle de voisins (éleveurs, agriculteurs). Selon le PDG d’Olmix, l’ouest de la France pourrait connaître une quinzaine d’autres projets de ce type, déjà qualifiés de « raffineries vertes ».


Olmix a été créée en 1995 pour produire des additifs naturels à base d’algues et d’argile. Aujourd’hui, ses neuf usines livrent 80 pays et son PDG, Hervé Balusson, cherche à développer son activité en trouvant des débouchés commerciaux à ses sous-produits. Il constate le fort pouvoir méthanogène de l’association de ses déchets d’algues au lisier de porc. La méthanisation s’est d’autant plus imposée que le résidu (le digestat) permettait de commercialiser d’autres engrais et fongicides naturels dans un contexte écologique où les produits chimiques ne sont plus souhaitables pour une agriculture durable.


L’usine de méthanisation, baptisée Morgane et située à Ploërmel, devrait être achevée en 2009. Ce projet, estimé à 4 ou 5 millions d’euros, est cofinancé à hauteur de 30% par la Caisse des Dépôts et Consignations. L’usine sera alimentée par les déchets d’algues provenant de l’activité d’Olmix (entre 60 et 70 %), par le lisier des porcs d’élevages voisins (15 à 20 %) et par les graisses et déchets végétaux du Centre d’Enseignement Agricole de la Touche et de plusieurs coopératives agricoles. Le méthaniseur pourra ainsi traité entre 30 et 40 000 tonnes de déchets par an. Le biogaz produit sera valorisé par une trigénération. La chaleur profitera au Centre d’enseignement l’hiver ; l’été, le froid servira aux installations de stockage d’algues d’Olmix. L’électricité sera elle, soit utilisée localement, soit revendue à l’EDF. Les engrais et fongicides issus du traitement du digestat seront testés par le centre d’enseignement avant d’être commercialisés.


Ce type de projet intéresse d’autant plus les collectivités locales de la Bretagne littorale qu’elles cherchent à lutter contre la prolifération des algues vertes, qui est due à l’eutrophisation de l’eau, elle-même résultant d’une trop grande concentration de lisier causé par l’élevage intensif dans la région. Cette méthanisation, dont l’objectif premier n’est pas la production de biogaz, pourrait donc s’avérer d’une haute qualité environnementale dans le contexte précis de la Bretagne littorale.

 

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