Le 6/10/2008

Le soutien à la filière biogaz, une nécessité

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La valorisation énergétique de la méthanisation devient tout à fait cruciale tant d’un point de vue écologique (notamment en ce qui concerne le traitement des lisiers) que d’un point de vue politique. Les objectifs français de développement durable définis par le Grenelle de l’environnement ainsi que la dernière programmation des investissements électriques qui compte sur le biogaz pour produire 250 MWe supplémentaires en 2015 rendent tout à fait nécessaire le soutien à la filière biogaz. En 2006, une nouvelle tarification de rachat d’électricité avait favorisé le développement des projets de méthanisation, mais trop peu sont encore réalisés en raison de freins administratifs et réglementaires ou d’obstacles technico-financiers.


D’un point de vue strictement écologique, des scientifiques ont récemment rappelé le fort potentiel de réchauffement global du CH4 (qui est de 25 alors que celui du CO2 n’est que de 1). Le problème du méthane en tant que gaz à effet de serre pourrait devenir prioritaire face à celui du CO2. Claude Servais, délégué général du club Biogaz de l’ATEE (Association Technique Energie Environnement) souligne par ailleurs les conséquences économiques, précisant qu’ « il est probable qu’il y ait d’ici dix ans obligation à ce que tous les lisiers soient traités par méthanisation ».

Les objectifs français en matière de politique écologique et énergétique comptent sur le développement de la filière biogaz, qui doit contribuer à la diminution de notre consommation d’énergies fossiles ainsi qu’à la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre. Une loi de 2006 révisant avantageusement la tarification du rachat de l’électricité produite à partir du biogaz a donné une nouvelle impulsion à cette filière. Rien que pour l’année 2007, ce sont plus d’une centaine de projets de méthanisation qui ont vu le jour, la plupart d’entre eux concernant le biogaz agricole. Néanmoins, très peu ont encore abouti, se heurtant à des obstacles financiers, techniques, administratifs et réglementaires.

Le club Biogaz de l’ATEE s’investit dans la levée de ces freins. Il préconise la simplification du régime de déclaration pour les petites exploitations et les méthaniseurs produisant entre 200 et 1000 m3/h. En ce qui concerne le raccordement au réseau électrique, il propose de réaliser une étude paramétrable pour les installations de moins de 500 kWe, d’autoriser les branchements uniques aux réseaux de distribution et de modifier les paramètres de facturation. Le club Biogaz achève la rédaction d’un guide professionnel de la canalisation dédiée au biogaz qui devrait être publié en 2009. Il œuvre également à l’établissement d’un tarif d’injection du biogaz dans les réseaux de distribution de gaz naturel (l’Allemagne teste cette solution depuis un an déjà), tout en soulignant qu’il reste à définir un statut du biogaz injecté. En ce qui concerne le stockage, Il propose que le statut du biogaz soit assimilé à celui du gaz naturel (pour son poids en CH4) du moment qu’il comporte moins de 2000 ppm de H2S. Enfin, en raison de la nouveauté du digestat et du principe de précaution, l’administration se montre plus exigeante quant à l’autorisation de son utilisation en tant que fertilisant agricole. C’est pourquoi le club Biogaz travaille aussi à l’intégration de ces digestats aux normes existantes. Bien que des avancées fiscales aient été réalisées, le niveau moyen d’investissement d’un projet est tel (entre 5000 et 7000 €/ kWe en France) qu’il ne peut être rentable sans les aides publiques.

 

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